samedi 19 juillet 2008

Directions.


En Égypte, personne ne sait où se trouve quoi que ce soit. Pour avoir passé des heures à tourner en rond dans des vieilles Lada des années 60, j'ai commencé à prendre la précaution systématique de demander à mon conducteur s'il connait oui on non, le lieu de ma destination. À une question simple qui ne souffre que deux réponses possibles, les chauffeurs de taxis égyptiens impressionnent par la qualité de leur imagination et se divisent en six catégories bien précises. Les indécis ("Oui", "non", "je ne sais pas", "je crois"), les catégoriques ("Absolument!" avec des variantes: "j'y étais à l'instant", "ma belle-mère habite pas loin", etc.), les amnésiques ("Oui", puis 10 min plus tard: "où est-ce que tu veux aller déjà?", "On n'a jamais dit 15 livres"), les religieux ("On va y arriver par la grâce de Dieu tout puissant"), les très religieux ("on va y arriver par la grâce de Dieu tout puissant, s'Il veut pas qu'on arrive, on n'arrivera pas") et les plaisantins ("ça n'existe pas"). Ce qui est sûr c'est que aucun d'entre ne sait où se trouve quoi que ce soit et que le chauffeur va systématiquement s'arrêter tous les 4 mètres pour demander à des passants qui préfèreront se couper un bras plutôt que d'avouer qu'ils ne savent pas non plus. Et je me surprend à penser avec tendresse aux taxis de Casa.