vendredi 8 août 2008

Les Égyptiennes II : Le retour.

Ce matin au boulot, formation en "Gender Equality". Encore des histoires de femmes battues par leurs bedonnants et moustachus maris que je me suis dit pendant ma course-poursuite en Lada du jour. Et bien que nenni. Arrivé au centre local de traitement de la violence domestique, j'apprend que la majeure partie des clients sont des hommes qui souffrent de l'indélicatesse de leurs charmantes (mais néanmoins solides) épouses. Les malchanceux du refuge se plaignent de dépression, d'anxiété et d'impotence. Certains se font battre, ont le nez cassé ou échappent de peu à un infortuné coup de couteau. Les maris impécunieux se font repprocher leur manque de sens des affaires. D'autres encore, un regard un peu trop appuyé sur une voisine en niqab/galabiya de nuit. Le machisme régnant dans la société egyptienne empêche ses malheureux de se plaindre ou de chercher de l'aide ailleurs que dans notre centre. Nos donateurs internationaux sont cependant formels: on coupe les fonds.

samedi 2 août 2008

Ce ventre que je ne saurais voir.

Trompé par les souvenirs poussiéreux de jolies danseuses égyptiennes se trémoussant gracieusement dans de vieux films en noir et blanc, l'arabe de passage au Caire ne peut s'empêcher d'aller visiter un ou deux cabarets de danse orientale en espérant peut-être retrouver parmi les volutes de tabac au miel, un peu de ces moments troubles qui ont égayé nos tendres années...Grossière erreur. Les cabarets du Caire tiennent plus de la colonie de vacances (genre spécial fête du trône) que d'un quelconque lieu de débauche. Sur la scène, une dame bien au delà de l'âge de la ménopause se trémousse en jeans devant une assistance de touristes désemparés alors qu'un individu moustachu s'amuse à lui jeter des coupures de 5 livres. Ces mêmes billets sont récupérés par un employé qui les lui remet une deuxième fois, puis une troisième fois histoire de prolonger un peu plus le quart d'heure de gloire de l'aspirant pacha. Entre temps, des familles entières (avec marmaille et beaux-parents) s'installent au pied de l'estrade, serrent scrupuleusement la main de la danseuse et bons spectateurs, envahissent la scène pour y danser joyeusement. Vérifications faites, il paraîtrait que les frères musulmans n'apprécient guère ces déhanchements publiques fort peu orthodoxes. Du coup pour ce verdir les yeux, il faut cracher 300 livres au Sheraton du coin. Et les filles sont russes.